Je vis, Je meurs

 

Sonnet VIII

Louise Labé

(interprétation de l’Ode à l’Aimée de Sappho)

Je vis, je meurs ; je me brule et me noye.
J’ay chaut estreme en endurant froidure
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai grands ennuis entremeslez de joyes

Tout à un coup je ris et je larmoye,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure
Mon bien s’en va, et à jamais il dure
Tout en un coup je seiche et je verdoye.

Ainsi amour inconstamment me meine
Et quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me treuve hors de peine.

Puis quand je croy en ma joye estre certeine,
Et estre au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

https://www.lib.virginia.edu/rmds/collections/gordon/literary/labe/index.html

http://thehuuvandan.org/lit.html#labe

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